Il détient quasiment tous les record du BCGE Tour du Léman à l’Aviron: Toutes catégories, Masters, Novices et Mixtes. Samedi prochain, Matthias Auer sera au départ de la célèbre course de la Société Nautique de Genève pour la vingt-et-unième fois! Avec, toujours, la même motivation.
Matthias Auer est l’une des personnalités emblématiques du BCGE Tour du Léman à l’Aviron. Engagé pour la première fois en 2003, il a célébré l’an passé sa vingtième participation. Multiple vainqueur de la manifestation, il détient quasiment tous ses records. « Il me manque juste le classement féminin et le record en Pointe », rigole-t-il. « Le Tour du Léman est un événement exceptionnel. Pour moi, c’est véritablement le point culminant de la saison. »
Pourquoi, selon lui, cette course est-elle si particulière? « Il y a de nombreux facteurs », précise-t-il. « J’apprécie beaucoup l’esprit qui règne entre les équipes, et l’énergie dégagée par cet événement. Le Comité d’organisation, dirigé par Stéphane Trachsler, se donne toujours beaucoup de peine pour nous accueillir chaleureusement. Et surtout, je trouve que c’est l’événement ultime. C’est la course la plus longue et la plus dure à laquelle je participe. »
Seul bémol: depuis l’année passée, les concurrents ne logent plus dans l’abri PC de Cologny en raison d’un changement de règlement. « J’appréciais beaucoup cet endroit proche du club, avec une cuisine et toujours une très belle ambiance avec tous les concurrents. Je m’y sentais à la maison. » Matthias et son équipe logent désormais dans un appartement, certes confortable mais où il n’y a plus cette atmosphère de camaraderie.
Pour affronter le Léman et ses fréquentes turpitudes, Matthias et ses coéquipiers ont développé une procédure très efficace. « Il faut notamment disposer d’une bonne pompe, et de beaucoup de scotch. Nous accordons beaucoup d’importance à la préparation de notre embarcation: le Léman peut être redoutable », précise-t-il. « Mon souhait le plus cher, c’est de parvenir à compléter le tour complet. Lorsque la course doit être raccourcie en raison de la météo, cela m’attriste. Je souhaite donc que tous les concurrents soient bien préparés! »
Sur l’Esplanade des Sports, à la veille du départ, le champion allemand observe souvent des équipages qui n’accordent pas suffisamment d’importance à leur préparation. « Je vois des choses que je ne voudrais jamais faire sur ma yole. Les concurrents, et notamment les nouveaux venus, ne devraient jamais hésiter à demander des conseils. Je me ferai toujours un plaisir de leur répondre, et de les aider le mieux possible. »
Lorsque la course est lancée, et que les différentes embarcations se séparent progressivement au fil des coups de rame, Matthias a pour principe de rester serein quoi qu’il arrive. « Nous avons un plan de route, avec des objectifs précis. Nous essayons de nous y tenir le mieux possible, sans nous préoccuper de nos concurrents. Certaines années, il est arrivé qu’une équipe prenne beaucoup d’avance sur nous, et que l’on ne voie plus qu’un petit point sur la ligne d’horizon. Nous essayons de rester sereins, et de conserver notre rythme de rame malgré la pression que cela engendre. Et en général, nous finissons par revenir… »
Cette année, Matthias naviguera en compagnie de deux de ses coéquipiers les plus fréquents: Markus Müller et Stefan Verhoeven, ainsi qu’avec deux jeunes berlinois: Tim Czemper et Paul Seydel. « Ils représentent l’avenir de l’aviron », déclare-t-il. « Moi, je commence à me faire un peu vieux avec mes 55 ans. »
Afin de donner à ce nouveau BCGE Tour du Léman une portée symbolique, Matthias et ses coéquipiers ont surnommé leur équipe Route 66. « Car en cumulant nos participations respectives, nous arriverons la semaine prochaine à 66 éditions! » Un autre record pour cette formidable légende du BCGE Tour du Léman à l’Aviron.